Panneau no.12
Panneau no.12
MOULIN À SCIE ADOLPHE LEBLANC À LA FERME-NEUVE (1901)
Nous terminons notre parcours historique au Moulin à scie Adolphe-Leblanc, la première scierie à répondre aux besoins de construction du village naissant de Ferme-Neuve.
Adolphe Leblanc et son épouse, Lucia Lafontaine, perdent leur maison lors d’un incendie majeur à Hull, en avril 1901. Cyrille Lafontaine, père de Lucia, invite le couple à venir s’installer à Ferme-Neuve. Il cède à son gendre des terrains situés sur les rives du ruisseau des Journalistes, à proximité de l’entrée sud du village qui a un urgent besoin d’une scierie. Or, l’installation d’une telle entreprise requiert un équipement spécialisé. Par exemple, la bouilloire, appelée chaudière, met 5 jours avant d’arriver de Plessisville.
La scierie est située sur un côté du ruisseau, la cour à bois, sur l’autre. Le ruisseau permet le flottage et le nettoyage du bois. Un petit barrage contrôle le niveau de l’eau tandis qu’une passerelle flottante, entre les deux rives, oriente les billes. L’hiver se sont des voitures tirées par des chevaux qui amènent le bois dans la cour.
Une dizaine d’employés procèdent aux opérations de sciage, d’avril à novembre. Durant les mois de fermeture, Adolphe et ses fils fabriquent des outils pour le moulin, divers objets en bois et des chaloupes. Les résidus sont vendus comme bois de chauffage pour les résidences et les cabanes à sucre.
Adolphe Leblanc prend sa retraite en 1944. Ses fils, Cyrille et Adrien, deviennent copropriétaires. Mais, à la suite de l’expropriation d’une bonne partie des terrains pour la construction d’un pont et de la route 35, future 309, ils sont dans l’obligation de fermer l’entreprise familiale en 1957. Lionel Meilleur achète le bâtiment qu’il transforme en garage de mécanique automobile.
À partir de 1901, le village s’organise et se développe à vitesse Grand V. Sa devise Non Nova, sed Nove (rien de nouveau, mais de manière nouvelle) illustre bien la créativité et l’esprit d’entreprise des villageois, des agriculteurs et des forestiers.
Les illustrations et photos ci-jointes témoignent d’une municipalité bien organisée qui se modernise…
Un développement rapide! (Données de l’annuaire Lowell en 1910-1911)
7 magasins généraux :
2 hôtels :
3 scieries :
Services :
On y trouve de tout, ou presque!
Monsieur J.A Éthier est propriétaire du premier magasin général en 1900. Il construit aussi l’hôtel central.
Le magasin général d’Henri Charbonneau suivra. Il est construit le long de la rue Lafontaine (12e Avenue), la rue des premiers commerces.
Premier magasin général de J.A. Éthier (1900). Il construit aussi l’hôtel central qu’il revendra à J.I. Vary.

Magasin général d’Henri Charbonneau (1908) et la rue principale.

Remplace-t-il la ferme de chantiers?
L’important magasin (1903) de L.Élie Matts et de son fils, Sam est situé à la sortie nord du village. Il fournit principalement les chantiers de la Cie Maclaren, et il fait en plus l’échange des fourrures. Un incendie détruit ce magasin en 1911. Monsieur Sam Matts reconstruira vers 1915 sur la rue Lafontaine (12e Avenue) un magasin à deux étages en briques. Le 2e étage servira pour la population de salle communautaire. En 1939, pendant la construction de la nouvelle église, les cérémonies religieuses se feront dans cette salle. Sam Matts sera un homme impliqué dans la communauté et généreux.

Une belle histoire, celle de la 1ère école.
Plusieurs journalistes accompagnent, en 1901, le ministre Gouin visitant la jeune colonie. Ils constatent l’absence d’école pour la quarantaine d’enfants d’âge scolaire. Ils organiseront des spectacles à Montréal et à Saint-Jérôme pour ramasser l’argent nécessaire à la construction de la petite école des Journalistes. Ils reviennent l’inaugurer en décembre de la même année lors de l’intronisation du premier curé, le curé Cadieux.


Suivra au même endroit, quelques années plus tard la 2e école, un bâtiment à deux étages qui sera déménagé en 1923 pour en faire une résidence. L’arrivée des religieuses de la Congrégation des sœurs de Sainte-Croix en 1924 exigeait plus d’espace. L’école sera de nouveau agrandie en 1956 pour accueillir les élèves des écoles de rang.

Toujours en vie!
La 2escierie ouverte à la sortie nord du village, change de propriétaires plusieurs fois entre 1902 et 1915, Doré et Cloutier, Pépin, Ouelllette et Éthier. Elle sera vendue à Fortunat Meilleur, il la gèrera de 1915 à 1940. Une entreprise familiale venait de naître. Maximilien (1940-1960) va la transférer à Léandre qui impliquera aussi son fils Christian dans l’entreprise (1960-2008).
La scierie Max Meilleur et fils sera un moteur économique très important et une entreprise à la fine pointe de la technologie. Toujours en fonction, elle est en 2025 la propriété du Groupe Crête, une autre entreprise familiale.

Imposantes ces maisons!
Avant l’arrivée de ses parents de Notre-Dame-du-Laus, Léonard Lafontaine construit pour eux la première maison du village vers 1896. La fille de Cyrille, Lucia Lafontaine et son mari Adolphe Leblanc bâtiront, en 1901, leur maison à proximité de leur scierie. Ludivina Piché et Joseph, voisin de son père, choisira un style victorien.

Les hôtels, de beaux bâtiments!
Gustave Sabourin vient construire un hôtel sur la rue Cadieux (12e Rue) en vue de l’arrivée du train. La voie ferrée ne se rendra jamais. L’hôtel sera détruit par le feu en 1921, il ne sera pas reconstruit.

L’hôtel Jarry sera acheté par Isaïe Godmer qui va le déplacer pour en reconstruire un plus spacieux appelé le Château des Laurentides (1928-2025). En 1932, s’ajoutera l’hôtel Nadon (1932-2016) qui servait à ses débuts pour de la location de chambres. Ces deux bâtiments seront aussi des victimes du feu.

Il faut des routes et des ponts!
Une route et un pont sont promis par le ministre Gouin en 1901, lors de sa visite à la ferme neuve. Le chemin Gouin sera terminé en 1905, ce qui permettra 18 milles en moins pour se rendre à Nominingue. Le contexte change pendant la période de construction. Nominingue perd son titre de centre des cantons du Nord en faveur du Rapide-de-l’Orignal qui le devient grâce aux interventions politiques du curé Génier. Se rendre de Ferme-Neuve à Nominingue n’a plus le même intérêt.
Cela s’explique aussi par la construction en 1903 d’une route praticable du côté Est de la Lièvre et en 1904 du côté Ouest vers le Rapide de l’Orignal (futur Mont-Laurier). Le pont promis ouvre en 1906, le pont Frappier (communément appelé le pont Rouge) relie les deux rives. Il sera détruit par le feu en 1946. Un chaland sera utilisé pour les traversées. Le nouveau pont sera ouvert en 1948, c’est la fête!

Du cheval à l’automobile!

Place à plus de services!
Léonard Lafontaine se déplaçait à cheval ou en canot pour aller chercher le courrier au Rapide-de-l’Orignal. À la Concerne, il distribuera le courrier de 1898 à 1912 aux citoyens du village. Les ruraux prennent leur courrier à la porte de l’église. Un peu plus tard, des stations postales seront présentes chez un des agriculteurs du principal rang. La livraison à la porte viendra après 1915.
Octave Lafleur et Cyriac Léonard ouvriront successivement un bureau de poste.

Les agriculteurs ont leur fromagerie et une beurrerie.

En 1913, on retrouve un bureau de télégraphe et cinq plus tard quelques téléphones dans des endroits publics. C’est en 1921 qu’il devient accessible pour tous ceux qui en ont les moyens. En 1917, le premier règlement de la municipalité oblige les citoyens du village à construire et à entretenir devant leur terrain un trottoir de bois. Vers 1922, M. Isaïe Godmer met au service de la population un transport collectif, dans un premier temps un circuit de Ferme-Neuve à Mont-Laurier et par la suite de Saint-Anne-du-Lac jusqu’à Montréal.

Le 28 octobre 1928, une grande fête est organisée pour souligner trois grands évènements d’utilité publique dont l’inauguration de l’aqueduc qui remplacera pour certains les seaux d’eau, un service d’éclairage électrique et une route gravelée vers Mont-Laurier.

Des citoyens pour protéger leur terrain en bordure de la rivière réclame l’enrochement d’une partie de la rive ouest.

« On a travaillé en titi »
Défricheuses, défricheurs, boulangères, cultivateurs, sages-femmes, ouvriers, cuisinières, bûcherons, draveurs, bonnes chrétiennes avec leur grosse famille, on ne se plaint pas.

Organisons le territoire!
Avant 1900, les premiers colons occupent le territoire souvent sans billet de location. Ils arrivent par le chemin Chapleau, ils cherchent des lots non occupés en remontant la rivière du Lièvre. Le responsable de la colonisation presse le gouvernement de créer des cantons. Les colons et le villageois désirent se municipaliser afin d’obtenir des subventions pour des chemins. Ils regroupent des cantons dans le but d’atteindre trois cents (300) habitants afin d’obtenir ce statut.
Municipalisation du territoire
1897-jusqu’à maintenant
Léonard Lafontaine est conseilleur municipal, il représente notre secteur, Solime Alix du Rapide-de-l’Orignal est officiellement le maire.

Introduction
Ferme Forestière de la Montagne
Panneau no.1
La rivière du lièvre (WABOS SIPI)
Panneau no.2
Présence des Premières Nations
Panneau no.3
L’exploitation forestière au 19e siècle
Panneau no.4
Les canadiens français dans les chantiers de la Lièvre
Panneau no.5
Le système des fermes de chantiers
Panneau no.6
Jos Montferrand
Panneau no.7
La colonisation
Panneau no.8
Ces grandes fermes et la colonisation
Panneau no.9
The Mountain Farm (Ferme de la Montagne ou la Ferme neuve)
Panneau no.10
La ferme neuve des Lafontaine
Panneau no.11
La Ferme-Neuve: Une mission devenue paroisse
Panneau no.12
Scierie Leblanc et poursuivez avec les textes complémentaires